• Emanuel Archambault

Pharmacien-conseil pour DAI

Interview métier n°3


À ses débuts professionnels, elle fut pharmacienne remplaçante dans plusieurs officines en milieu rural, avant de prendre en 2003 le poste de pharmacienne gérante dans un centre de rééducation de SSR, poste qu’elle occupe aujourd’hui encore. Elle devient alors utilisatrice au quotidien du module Pharmacie intégré au logiciel Rééducation dont sa clinique est équipée. Elle le perçoit comme un allié qui l’accompagne informatiquement dans les étapes de dispensation des médicaments et de gestion des stocks. Sensibilisée au langage informatique, elle s’intéresse au logiciel Rééducation, délivre ses conseils sur de nouvelles fonctions et aide aux mises à jour... Des années plus tard, alors qu’elle en maîtrise toutes les subtilités et que le logiciel est en passe d’obtenir la certification pour le LAP (Logiciel d’aide à la prescription), elle accepte la mission de pharmacienne référente pour DAI, de conseillère pour les aspects relevant de la Pharmacie à usage intérieur (PUI). Nous la remercions d’avoir répondu à quelques questions sur la fonction de pharmacien en centre SSR, sur ses obligations et contraintes en lien avec le suivi informatisé du dossier patient.




Quelle place occupe l’informatique dans l’activité du pharmacien en centre SSR ?


Une place centrale il me semble, de sécurisation. Il faut tout d’abord comprendre que c’est une chaîne d’actions qui structure le circuit du médicament d’un centre de soins de suite et de réadaptation : prescrire, analyser, valider, dispenser, administrer.


Le médecin qui prescrit est au début du circuit, le patient est en fin, juste après l’infirmier qui administre. Le pharmacien quant à lui est la pièce charnière en tant que gérant de la Pharmacie à Usage Intérieur. Il a notamment un rôle d’analyse, de validation et de dispensation des prescriptions. Sur ses épaules repose une responsabilité certaine. La quantité d’informations à traiter et les obligations légales liées au Code de la santé publique (CSP) ont accru l’importance du traitement informatique. Mutualisé entre les intervenants, l’outil logiciel accompagne chacune des étapes de la chaine d’actions autour des médicaments. Il permet au pharmacien à la fois de consulter le dossier du patient, d’analyser les prescriptions médicamenteuses, de consigner ses décisions rectificatives ou de validation...




Au niveau d’une PUI, à quel enjeu répond le logiciel de suivi du parcours patient ?


Son objectif premier est la maîtrise du risque pouvant exister entre la prescription d’un médicament et son absorption par le patient. Il sécurise la mission et les pratiques du pharmacien, promouvant rigueur et traçabilité. L’identitovigilance et la lutte contre la iatrogénie médicamenteuse en sont de parfaites illustrations.


Par ailleurs, des mises à jour régulières indispensables l’adaptent aux évolutions de la législation. C’est ainsi que le module Pharmacie de Rééducation donne les moyens au pharmacien d’effectuer de la Pharmacie clinique, discipline permettant d’optimiser la prise en charge thérapeutique et d’en diminuer le coût.




Pouvez-vous détailler le rôle du pharmacien en clinique SSR ?


En fait, le pharmacien n’a pas UN rôle mais DES rôles qui, cumulés, lui permettent de se porter garant d’une bonne prise en charge thérapeutique. Et c’est en partie grâce à la centralisation des informations sur les patients qu’il peut honorer ces missions. Je vous les explicite.


L’analyse pharmaco-thérapeutique des prescriptions pour satisfaire la gestion des risques et la pharmacovigilance. Elle est une aide pour le médecin dont les prescriptions sont vérifiées et validées, ainsi que pour les infirmières et infirmiers qui peuvent agir en sécurité.


La conciliation médicamenteuse qui permet de réaliser un bilan médicamenteux à l’entrée et/ou à la sortie. Une “enquête de terrain” indispensable pour assurer la continuité des traitements des patients lorsqu’ils entrent en hospitalisation ainsi qu’au moment de leur retour à domicile.


La dispensation ou étape de distribution selon la règle fondamentale des 5 b : Bon médicament, à la Bonne dose, au Bon patient, au Bon moment, par la Bonne voie d’administration. Aidé du logiciel, le pharmacien peut réaliser une dispensation nominative ou reglobalisée, journalière ou hebdomadaire, selon les besoins et l’organisation de l’établissement.


La gestion des stocks et approvisionnements qui incombe au pharmacien, secondé par un préparateur lorsque ce poste existe. Il passe les commandes, les réceptionne, les contrôle, traite la facturation... Des tâches chronophages qui rendent l’informatique indispensable.


Le suivi des consommations et la surveillance des médicaments à risque et des molécules onéreuses




Justement, en quoi diriez-vous que Rééducation soutient l’action du pharmacien ?


Au-delà de son utilité administrative, Rééducation est un logiciel de prescription (LAP) et de dispensation (LAD) que je qualifie de “tout en un” si je le compare à d’autres logiciels du marché. Il accompagne chacune des tâches du pharmacien que j’ai précédemment énoncées, sécurisant ses décisions et allégeant sa charge de travail. En centralisant toutes les données médicales du patient (biologie, scans, états physiopathologiques, allergies, motif d’hospitalisation, histoire de la maladie, etc.), il permet d’avoir une vue d’ensemble sur un dossier. Inutile pour le pharmacien de partir à la pêche aux informations lorsqu’il analyse une prescription.


Également, en délivrant à l’utilisateur des messages automatiques, il diminue le risque d’erreur. Deux niveaux de messages existent : des signaux purement informatifs (durée de traitement à ne pas dépasser, redondance) et des alertes à visée sécuritaire (contre-indication formelle liée à une allergie par exemple). Je vous livre un condensé des avantages de Rééducation pour les pharmaciens des cliniques de soins de suite et de réadaptation.


La traçabilité, le suivi des médicaments, de l’étape de la réception avec la sérialisation à celle de l’administration (numéros de lot et dates de péremption) en passant par l’ordonnancier informatique et la gestion des alertes descendantes de pharmacovigilance.


L’interfaçage avec le Vidal® pour aider à l’analyse pharmaceutique. En un clic, une prescription médicale est étudiée selon certains critères : interactions, surdosages, redondances, allergies...


Le suivi des stocks au médicament près, la comptabilité analytique et les statistiques de consommation.


Le paramétrage de la gestion des stocks et l’automatisation des commandes selon des critères préalablement définis. Par exemple, dès que le stock du médicament X atteint 200, une commande est prête pour être envoyée en EDI auprès de la centrale d’achat.


Le multifenêtrage pour visualiser plusieurs fenêtres sur une même session ouverte :

la gestion des stocks, la biologie d’un patient, etc.


La participation à la réduction de l’usage du papier avec les actions du pharmacien directement enregistrées et intégrées dans le dossier patient.




Quelle est la valeur ajoutée de votre intervention sur le module Pharmacie ?


Du fait de mes nombreuses années d’expérience en tant que pharmacienne utilisatrice, je pense avoir une conscience fine des besoins rencontrés par mes pairs dans les structures SSR. Je sais les difficultés du poste : être multitâche, adaptable aux circonstances mouvantes, avec des moyens en personnel souvent en deçà des besoins.


Parce que les dirigeants de DAI sont soucieux de faire coïncider les évolutions du logiciel aux véritables enjeux du terrain, ils ont fait appel à mes connaissances pratiques, mon regard techniquement averti et mon esprit pragmatique. Je participe aux évolutions du module Pharmacie en ayant quelque part le rôle de “gardienne du temple” par rapport aux exigences de la législation et plus précisément de l’arrêté du 6 avril 2011 du CSP que les pharmaciens doivent appliquer et faire appliquer au quotidien. Je prends part à la définition du cahier des charges pour les développeurs informatiques, veillant à ce que le vocabulaire “métier” du pharmacien soit respecté. Par ailleurs, on me délègue régulièrement la gestion des questions remontées par mes confrères et consœurs. J’entre en contact avec eux pour leur apporter une réponse précise et concrète permettant de résoudre leur problème. Cela rassure les pharmaciens de converser avec une personne qui connait leurs contraintes et partage leurs difficultés.


Ce sont là des interventions récurrentes au cours de l’année. Ce ne sont pas les seules. DAI me sollicite également pour des développements qui se jouent à plus long terme. Par exemple, l’intégration de la Pharmacie clinique en rendant possible la traçabilité dans le dossier patient de l’analyse pharmaceutique. Ou encore, le projet de certification du LAP (Logiciel d’aide à la prescription) passée et obtenue par DAI en 2016. J’ai contribué au montage du dossier qui comprenait plus de 250 critères et plusieurs scénarios de prescriptions types auxquels Rééducation devait apporter réponse.




Parlons maintenant d’un sujet d’actualité : le CAQES.

Comment le logiciel Rééducation a-t-il évolué pour répondre à ces récentes injonctions ?


Le CAQES* est entré en application le 1er janvier 2018. Il lie l’ARS, l’organisme local d’assurance maladie et les établissements de santé avec l’ambition d’améliorer les pratiques, de réguler l’offre de soins et les dépenses assurance maladie. Il impacte donc tous les SSR du territoire, leur imposant une fois l’an de faire remonter leurs résultats chiffrés sur une vaste série d’indicateurs, cinq thématiques obligatoires et des volets additionnels. Nombre des indicateurs concernent les médicaments - la consommation d’antibiotiques notamment - et donc, par ricochet, ils impactent le pharmacien qui doit extraire les données correspondant aux grilles de questions. Une mission laborieuse mais incontournable ! Rééducation a su prendre le tournant du CAQES, il intègre désormais des fonctionnalités pour faciliter ces audits et programmer l’extraction des données à partir des grilles de questions de l’ARS. C’est une véritable plus-value qu’apporte le logiciel en automatisant la production des chiffres.

* Contrat d’amélioration de la qualité et de l’efficience des soins




Comment voyez-vous l’avenir avec votre œil d’experte ?


J’observe certaines tendances qui auront un impact sur le traitement informatique des données et nécessiteront des adaptations des logiciels de suivi. Première tendance : le décret du 21 mai 2019 a rendu possible la mutualisation des PUI. Depuis, des regroupements de cliniques s’opèrent et une organisation “multisite” du circuit du médicament en découle, notamment avec la création d’une pharmacie centrale qui ventile les stocks vers les autres pharmacies plus secondaires. Du fait de son caractère évolutif, Rééducation sera en mesure d’intégrer ces changements en distinguant les consommations de x établissements rattachés à un même stock centralisé.


La deuxième tendance émane d’une sollicitation des médecins et pharmaciens pour relier le logiciel aux protocoles validés par la CME de l’établissement. Cela éviterait de rechercher une information dans des classeurs posés sur le bureau ou dans le logiciel de gestion documentaire. Le souhait de DAI est également de relier Rééducation aux applications existantes des sociétés savantes (SPILF, antibioclic, siteGPR, CRAT...), toujours pour aider à la prescription. Le futur est ici à l’interfaçage, un sujet sur lequel nous travaillons déjà...


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