• Emanuel Archambault

Interview du Dr Bruno Denat, clinique du Val d’Orb

Le Val d’Orb est un établissement SSR spécialisé dans la prise en charge de l’appareil loco-moteur, avec 75 lits et 30 places en hospitalisation de jour. Créé en 1970 à Lamalou-les-Bains, il fut transféré à Boujan-sur-Libron (Grand-Béziers) en 1993. L’année suivante, Bruno Denat endossait le double costume de directeur général et médecin-chef, succédant à son père, fondateur de l’établissement.

Mettons un coup de projecteur sur sa façon d’intégrer le logiciel Rééducation au Val d’Orb, sa relation avec l’entreprise DAI... et sa vision (comme un cri du cœur) des difficultés dans son secteur d’activité.



« Quand je téléphone à Bill Gates pour qu’il fasse évoluer Word, il ne le fait jamais, mais quand j’appelle Mr Archambault pour qu’il modifie des fonctions dans Rééducation, j’obtiens des résultats. Et ça, dans le monde actuel, c’est quand même énorme ! »

En 2007, pourquoi avoir équipé votre clinique avec le logiciel Rééducation ?

Pour le Val d’Orb, c’était la première acquisition d’un logiciel de suivi du dossier patients. Avant 2007, tout se traitait sur papier, exception faite de notre pharmacie qui bénéficiait déjà d’une gestion informatisée. Lors de notre étude du marché des logiciels, nous avons identifié Rééducation comme étant la solution la plus proche de notre métier, de nos activités, celle qui semblait répondre à nos attentes avec une grande précision.


DAI s’occupait exclusivement des centres de SSR, ce qui lui donnait un avantage face à des concurrents s’adressant à des structures médicales variées, et dont le logiciel semblait moins pointu. Également, lors de l’appel d’offres, la taille raisonnable de la société DAI et la proximité avec ses dirigeants, fortement impliqués, ont été des critères comptant dans notre choix.



Avec quinze années de recul, quelle place a aujourd’hui Rééducation au Val d’Orb ?

Nous utilisons Rééducation au quotidien, de façon spontanée et aisée. Si vous recherchez une information dans le dossier d’un patient venu il y a cinq ans, vous la retrouvez, c’est certain !

Je suis particulièrement satisfait quand je vois la grande adéquation qui perdure entre les spécificités de notre activité et les fonctions proposées par le logiciel. Les années ne lui ont pas fait perdre son âme ! Ses différents modules ont bien évolué au fil des besoins naissants, des nouveautés réglementaires.


La certification que nous passons tous les quatre ans, et que nous venons de renouveler, montre à chaque fois que Rééducation répond à toutes les exigences de notre tutelle. Et ce, sur de multiples aspects, tant pour le dossier clinique que pour la pharmacie, un module très scruté par les experts de la HAS dans le cadre du renouvellement de certification.



Comment s’est passée l’appropriation par vos collaborateurs ?

Voilà un aspect central du bon usage du logiciel. Ce dernier étant un outil transversal servant à tous les niveaux et dont dépend le bon fonctionnement de la clinique. À l’origine, lors de l’installation, Mr Archambault et Mme Chabrier sont venus faire eux-mêmes la formation du personnel. Puis, nous avons exploité le potentiel de paramétrage de Rééducation afin de l’adapter à notre façon de travailler.


Certaines personnes en interne étant plus « douées » que d’autres sur le plan technique, elles sont rapidement devenues des relais, capables de répondre aux questions des collègues.



Et pour les nouveaux entrants ?

D’abord, dans la mesure du possible, il y a toujours un recoupement entre la personne qui quitte un poste et celle qui la remplace. Cela permet une bonne prise en main du logiciel par le biais du transfert de connaissances. Ensuite, grâce aux relais identifiés au sein du personnel et aux capacités des nouvelles générations, nées avec un clavier dans les mains, l’appropriation est facile.


Enfin, tous les trois ans environ, je fais revenir DAI pour une journée de formation. Une bonne occasion de consolider les acquis et d’aborder les thèmes spécifiques sur lesquels certains peuvent buter.



Connaissez-vous l’existence des guides pratiques, consultables depuis le logiciel ?


Oui, je les utilise d’ailleurs régulièrement pour trouver une information sur une fonction, sur une évolution récente. En revanche, je sais que certains intervenants n’ont pas le réflexe d’aller y chercher des réponses à leurs questions. Dommage...



Quel mot incarne le mieux votre relation à DAI ?

Je pense à ”proximité”. J’ai déjà évoqué celle du logiciel avec nos métiers : nous pouvons procéder nous-mêmes à des réglages, personnaliser des éléments comme la forme des tableaux de suivi ou les pré-saisies du thésaurus. L’outil n’est pas figé, ce qui facilite grandement la saisie des dossiers.


La proximité est également humaine. Pour moi, c’est capital. À la place d’une hot-line de dépannage, j’ai un contact direct avec Mr Archambault ! Si je rencontre un souci technique, si j’ai une question, il me répond, et de façon justifiée. S’il peut aller dans le sens de mes demandes, il le fait. Exemples : le tableau des infections a récemment été modifié pour mieux nous convenir et des ajustements ont été pris en compte sur les constantes ou les calendriers mictionnels.



Parlons maintenant sécurité informatique. Du fait de la multiplication des cyberattaques, les cliniques accentuent la sécurisation de leurs données dont elles ont de plus en plus de mal à assumer l’hébergement en interne. Qu’en est-il au Val d’Orb ?

Nous avons fait le choix de déléguer ces aspects à un prestataire externe, spécialiste en sécurité informatique. Il s’occupe de nos serveurs, nos messageries, il héberge nos données... Et quand il y a un gros chantier, comme un changement de version pour Rééducation ou un remplacement de serveur, je laisse les hommes de l’art s’entendre sur la marche à suivre. Mr Archambault échange avec mon prestataire de services afin que tout soit opérationnel une fois la manœuvre terminée. Un vrai confort pour moi qui n’ai pas de compétences avérées dans ce domaine.



Si vous vous tournez vers l’avenir, que voyez-vous pour les SSR ?

Ouh là... Je vais être franc, tout en m’imposant de rester correct dans mes propos !

Je vois une première difficulté qui ne date pas d’hier et qui va en s’aggravant : le manque de personnel qualifié. Si vous me trouvez un médecin de rééducation pour remplacer celui qui part bientôt à la retraite, je prends. La problématique est nationale mais j’essaie de relativiser car dans le Sud de la France, la pénurie semble moins forte que dans d’autres régions.


Sans surprise, l’autre grande difficulté est économique. Elle résulte des choix paradoxaux menés depuis des années avec des politiques de santé que je juge délétères. Le ”court séjour” d’hospitalisation devrait être renommé ”très très court séjour”, l’idée étant de faire croire qu’il vaut mieux se faire opérer en 10 minutes en ambulatoire que de passer 5 jours à l’hôpital ! On nous montre des personnes de 50 ans en pleine forme, venant d’être opérées d’une prothèse de hanche et qui rentrent à domicile avec un suivi kiné. C’est un leurre, nos patients ont plutôt 75 ans, ils sont hypertendus ou obèses et ont une vraie perte de chance en rentrant directement chez eux.


La stratégie du nivellement par le bas m’inquiète vraiment. Les chiffres montreraient qu’il y a encore trop de lits dans les régions du Sud ! Mais n’est-ce pas plutôt dans le Nord qu’il n’y en a vraiment plus assez ?